Pourquoi il faut sanctuariser le droit à l’anonymat

(…) En Russie, l’application FindFace permet, à partir d’une photo, de retrouver le profil de quelqu’un sur Vkontakte, l’équivalent russe de Facebook. Une sorte de Shazam mais pour les êtres humains. Il est instructif d’entendre ses concepteurs s’exprimer, notamment lorsqu’ils déclarent que l’anonymat est définitivement mort, et que la sécurité devra toujours prévaloir sur les questions de vie privée. Ils confient également qu’ils seront ravis d’accéder aux demandes du FSB, le service de sécurité russe.

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Il serait tout aussi souhaitable d’engager au préalable un débat public le plus large possible sur cette question, et pourquoi pas d’organiser des « États généraux de la biométrie et de la vie privée », à l’image de ce qui a déjà été initié début 2018 sur la bioéthique. Pourquoi ne pas envisager également à la création et la préservation d’un « droit à la vie offline », c’est-à-dire la garantie de pouvoir mener une vie « normale » hors des réseaux ? Avoir le droit, en somme, de mener une existence déconnectée. Garantir la possibilité d’accéder aux services publics et à tous les services nécessaires à une vie en société, même sans connexion. Ce « droit à la vie offline » confinerait, au final, simplement au droit d’avoir le choix. Celui de s’inscrire, ou non, dans le monde numérique.


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